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Congrès 2009 - Compte-rendu de l’atelier 2 : comment exercer nos métiers au regard d’une protocolisation réductrice ?

Publié le mardi 22 décembre 2009

par Christine Fasquelle

1) D’où vient le processus ?
-  besoin de contrôler ce qui est fait avec l’enveloppe financière allouée par la Sécu ; après 1945, la Sécu paie sans demander aucun compte, ensuite, dans un 2e temps, l’enveloppe financière est fermée, puis apparaissent des objectifs quantifiés nationaux (réforme Juppé)
-  pratique générale de fonctionnement sur projet avec indicateurs et objectifs – LOLF : loi organique de loi de finance votée par tous les députés qui met en place un financement sur projets et des indicateurs pour vérifier la réalisation du projet dans tous les ministères, avec le problème du choix des instruments de mesure qui ne mesurent que ce qui est quantifiable (http://www.minefi.gouv.fr/lolf/4clics/clic1.htm)
-  objectif de faire des économies : idéologie gestionnaire
-  à l’origine, après la guerre, processus qualité : amélioration des pratiques dans le milieu industriel
-  demande des professionnels de repères
-  quel mot utiliser :
protocole : travail prescrit qui tue la créativité ; contrainte extérieure et contrôle extérieur qui peut être réalisé par un non soignant ; pour certains, manière de montrer que la médecine générale (ou autre métier de soins) est une vraie science et donc valorisation du métier, cet argument étant utilisé pour faire accepter la protocolisation
recommandation : repère, mais ne concerne qu’une dimension de notre pratique
référentiel : construction collective
ou autres mots à trouver : consensus ?
-  questions à se poser : qui élabore, qui valide, qui transforme, dans quel but, contrôle social ou judiciarisation

2) Pour quoi faire
Classement du + vers le -
-  + avoir des repères pour la pratique
-  + exposé de Patrick Flores : la protocolisation peut faire baisser les inégalités de santé
-  + mise en évidence de la variabilité des pratiques de soins et prise en compte du fait de l’humanité du travail de soignant, non pas des ingénieurs du corps humain
-  + élaboration collective de données
-  +/- contrôle de ce qui est financé, mais passage de savoir ce que l’on fait avec le financement à ce que l’on veut qui soit fait ;
-  - traçabilité > individualisation > responsabilisation > casse du collectif > absence de résistance
-  - application de ce qui se fait dans le monde du travail industriel, protocolisation et groupe qualité sans tenir compte que là aussi il y a différence entre travail prescrit et travail réel
-  - augmentation de la charge de travail par pointage papier et/ou informatique de ce qui a été fait
-  - permet de fractionner le travail en petites unités (processus de qualification/accréditation) et d’introduire la polyvalence

3) Comment résister ?
-  le groupe élabore ses propres référentiels pour que cela soit un processus interne accepté et non un processus externe appliqué au groupe, dans le cadre d’une formation indépendante, adaptés à la pratique locale, et permettant des études locales
-  Manuel de résistance qui liste les moyens de résistance
ne pas suivre les protocoles
tricher pour adapter la réalité à ce qui est demandé ?
diffuser à tous les reproches faits de non suivi du protocole : évite la culpabilisation et l’indidualisation
exploitation de la réglementation : code de santé publique sur l’indépendance du médecin