Communiqué du Comité Amiante, prévenir et réparer (CAPER) de Clermont-Ferrant, créé par les ex salarié-e-s d’Amisol : Décision de la cour d’Appel de Paris : elle n’est pas justice, elle est son contraire !

Publié le mercredi 11 février 2015

Suite au non lieu de leur ancien PDG, le communiqué de presse du Comité Amiante, prévenir et réparer (CAPER) de Clermont-Ferrant, créé par les ex salarié-e-s d’Amisol.

Décision de la Cour d’appel de Paris :
ELLE N’EST PAS LA JUSTICE
ELLE EST SON CONTRAIRE !

Quand on a vécu Amisol, comment ne pas être sidéré par la décision de la Cour d’appel de Paris rendue le 05 février 2015. Elle blanchit M. Claude Chopin, le P.D.G. de « l’enfer blanc », cette usine immonde dénoncée unanimement, y compris par la Chambre patronale de l’amiante, après la fermeture bien sur.

Cette décision ignore l’avis de la Cour de cassation. Dans les faits, elle nie le scandale d’Amisol, elle bafoue ses victimes, elle n’est pas la justice, elle est son contraire.
Il nous est impossible d’entendre que la société, la justice, n’ont rien à reprocher au P.D.G. de l’usine qui nous a empoisonnés. Pas de charges suffisantes à l’encontre de M. Chopin, ose dire ce tribunal. Combien faudrait-il de victimes pour qu’il y ait culpabilité ? Quand la justice est tellement bienveillante à l’égard des puissants, peut-elle être exigeante avec les citoyens que l’on dit ordinaires ?

Y a-t-il un lien avec ce qui est dans l’air actuellement, le dépeçage du code du travail, la casse des C.H.S.C.T., la remise en cause de la médecine du travail, de l’inspection du travail. . . ? On se pose forcément la question.

Amisol n’est pas la seule usine mortifère dont les dirigeants ne sont pas inquiétés par la justice, la liste est longue, c’est ici et ailleurs, avec l’amiante ou d’autres toxiques.
On empoisonne et on tue dans les usines encore aujourd’hui.

Nous sommes solidaires de toutes les équipes militantes, des collectifs ouvriers qui ne baissent pas les bras malgré les difficultés. Nous avons l’honneur de faire partie de cette chaîne de résistance qui aide les victimes à tenir, qui continue les actions pénales pour mettre des limites aux conditions de travail assassines, à la délinquance en col blanc.

-  Solidariser les victimes en pansant les plaies
-  Transformer les souffrances en action dans le partage des luttes
-  Faire reconnaître la dignité des victimes
-  et faire reculer la désespérance

C’est notre démarche, notre détermination. Nous réfutons la vision compassionnelle qui admet pour les victimes une petite indemnisation, mais leur refuse le droit à la justice pénale. Avec l’appui du cabinet Teissonnière, défenseur sans faille des Amisol et du C.A.P.E.R. depuis 20 ans, nous faisons un nouveau pourvoi en Cassation.

On l’a dit cent fois, si Amisol n’est pas un délit : tout est permis. Idée que l’on refuse, bien sur. On ne lâchera pas. . . On n’a pas fait tout ce chemin pour rien.

Clermont-Ferrand : février 2015
L’équipe du C.A.P.E.R

Lire aussi

Lettre ouverte à Monsieur Hulot, ministre d’Etat, d’Annie Thébaud-Mony

27 juin 2017
Paris le 27 juin 2017 Monsieur le Ministre, Chercheure en santé publique, je m’adresse à vous aujourd’hui au sujet d’une situation gravissime, celle du projet de réouverture d’une mine de tungstène …

Amisol : « non lieu » pour la mort ouvrière - A quand la création d’un délit pour « crime indistriel » ?

7 février 2015
Le 5 février 2015, dans le cadre du procès pénal engagé à l’initiative des victimes ouvrières de l’usine d’amiante AMISOL, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a statué par un « non lieu », …

Communiqué de l’Association Henri Pézerat : Le droit contre la justice

21 janvier 2015
Le 13 janvier 2015, la Cour de cassation a cassé l’arrêt de la Cour d’appel et renvoyé la société AZF Grande-Paroisse et son ex-directeur, Serge Biechlin, devant la Cour d’appel de Paris Dans une …